Les éoliennes ont le vent en poupe

Ce n’est un secret pour personne, les éoliennes fleurissent un peu partout en Europe. Dans le monde, les régions les plus reculées du globe, notamment en Asie, misent depuis plusieurs années sur le vent pour s’approvisionner en électricité. D’ici 2010, l’Union européenne souhaite d’ailleurs voir les sources d’énergies renouvelables (dont l’énergie éolienne fait partie) couvrir 12% de ses besoins énergétiques. Dans le cadre de la poursuite de cet objectif, citons en exemple l’initiative du Gouvernement allemand, lequel entend doubler, d’ici 2015, ses capacités d’installations éoliennes actuelles de 17.000 MW, pour les porter à près de 37.000 MW.

En Wallonie, le développement de projets de production d’énergie respectueux de notre environnement est sur toutes les tables de nos institutions. A cet égard, dans la Vallée de la Meuse, un projet suit son bonhomme de chemin, et ce grâce à l’impulsion de la Ville de Visé qui a su convaincre des partenaires de premier choix dans le secteur énergétique tels que l’A.L.E. et SPE Power Company, le tout sous la coordination de Energie 2030 Agence et Société Coopérative. Par cet engagement, l’Intercommunale énergétique liégeoise, tout en prônant l’importance d’une diversification des sources d’énergie, gage d’une certaine autonomie énergétique, s’associe clairement au développement économique du bassin mosan.

Depuis ce début d’année 2005, une collaboration active s’est en effet mise en place entre ces acteurs du paysage électrique liégeois afin d’implanter un parc éolien sur le territoire de la Cité de l’Oie.

Mais il faut remonter en 2002-2003 pour retrouver les origines de ce projet éolien : en effet, suite à une initiative communale visétoise, laquelle a permis de décrocher un subside dans le cadre du PALME(1), une étude des vents a été menée pendant plus d’un an par Energie 2030 sur les hauts plateaux surplombant le site de la « Montagne Saint-Pierre » dans la localité de Lanaye, entre les zones naturelles protégées et la limite communale. Il s’avère que les résultats de cette étude ont été plus qu’encourageants. En effet, la qualité des vents enregistrés s’est révélée égale voire supérieure à celle de plusieurs sites où sont implantées des éoliennes aujourd’hui en activité. Quant à la configuration des terrains prisés, ils seraient en mesure d’accueillir jusqu’à 10 éoliennes de 2 mégawatts, soit de quoi alimenter en électricité plus de 10.000 ménages.

D’ores et déjà, un des propriétaires, possédant 30 parcelles sur ce site, serait disposé à céder plusieurs terrains pour le projet et d’autres seraient prêts à négocier. La Ville s’est d’ores et déjà proposée d’acquérir les terrains agricoles afin de les remettre en location ou en apport au sein d’une future société d’exploitation des éoliennes à y implanter.

Aujourd’hui, dans la foulée, la phase de développement a franchi une étape supplémentaire au travers d’un partenariat conclu entre les différents acteurs du dossier. En effet, une pré-étude d’incidence indique que le Ministère de la Défense, interrogé sur la question, n’a aucune objection à formuler au projet en cours. Toutefois, certaines réticences ont été émises par l’aviation militaire compte tenu de la proximité, dans un rayon inférieur à 20 km, du Radar de Glons, dont l’émission des signaux pourrait être perturbée par la structure métallique des pales et autres composantes des éoliennes. Des calculs doivent encore être réalisés par l’aviation militaire sur base des dimensions exactes des futures éoliennes afin de mesurer avec précision le degré de perturbation que celles-ci seraient susceptibles de créer dans le cadre de la transmission des données par le Radar.

Par ailleurs, la Ville de Visé a, quant à elle, commandé une pré-étude des sols du site afin de juger de sa bonne stabilité pour y accueillir les structures. Apparemment, la zone envisagée ne semble pas poser de problème. La SPE Power Company compterait toutefois faire appel aux services de l’Université de Liège afin de confirmer ces premières conclusions.

Un projet éolien en Basse Meuse, six éoliennes déployant depuis peu leurs pales à Villers-le-Bouillet (le long de la E42, à l’arrière-même du centre entretien et maintenance Zénobe Gramme de l’A.L.E.) et peut-être un jour portées à quinze, de Villers-le-Bouillet à Wanze en passant par Verlaine ; l’énergie éolienne a décidément le vent en poupe en région liégeoise. Un vent favorable grâce à l’impulsion de deux sociétés énergétiques fortes d’un passé mais surtout d’un futur « commun » : l’A.L.E. et la S.P.E.

(1) Programme d’Actions Locales pour la Maîtrise de l’Energie de la Région wallonne
 

 

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